Les métamorphoses de la geisha. Marco Polo ou le voyage imaginaire (Contes et légendes asiatiques, décembre 1998) © 1998 Jean-Pierre Lapointe
Acte IV d'un conte érotique imaginaire se déroulant au Japon.
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Les mouvements de la jeune maiko s'arrêtent. Elle dépose le chawan sur le tatami et y déverse un peu d'eau chaude.
L'odeur du thé emplit mes narines. Les sons saccadés du koto s'infiltrent dans mes pores et font frissonner mon corps de spasmes erratiques. Je regarde les chairs appétissantes de ma tendre geisha, elle a bougé légèrement, ses yeux se sont relevés. Mon sexe se gonfle. La pression de la chair chaude de la jeune maiko s'intensifie, les pointes de ses oppai minuscules s'incrustent plus profondément dans mes chairs.
Les mains de ma kan-geiko ont franchi la frontière du tatami. Elles s'installent et restent là, immobiles un moment, sur mes genoux. Puis elles glissent lentement jusqu'à mon tronc et s'y appuient légèrement, faisant basculer mon corps dans le vide, je viens m'affaler doucement sur le corps de la jeune et gracile maiko stratégiquement déployé sur le tatami. Je sens parfaitement la structure de ce corps trop fragile s'encastrer dans mon dos, ses petits seins rigides transpercer mes omoplates, mes fesses viennent reposer avec impudence dans l'étroite et chaude vallée formée par la fissure qui marque la rencontre de ses jambes fluettes, celles-ci se sont volontairement déployées et encerclent maintenant mes jambes en une étreinte énergique.
Pendant ce temps, ma kan-geiko s'est elle aussi discrètement glissée sur mon ventre; elle s'y incruste habilement, déployant ses membres autour de mon corps, rejoignant les membres de la jeune maiko pour former ainsi une enveloppe compacte et inexpugnable, comme un yoni, à l'intérieur duquel mon corps tout entier se métamorphose en un impudent lingham.
Mon corps s'agite. Les chairs chaudes qui m'enrobent se resserrent, s'échauffent et s'agitent au rythme des palpitations de mon corps. Le sang court dans mes veines qui se gonflent jusqu'au paroxysme, frisant l'éclatement.
Puis l'étau se desserre. Les membres se déploient, le corps de ma kan-gaiko glisse doucement vers le bas, le long de mon ventre, ses lèvres chaudes lèchent au passage mes chairs grisées par une tension extrême. Elle s'installe là, près de mon sexe en ébullition qu'elle enserre de ses doigts, elle attend ainsi inerte le bibin kuru, l'érection du volcan.
L'odeur du thé remplit mes narines. Les plaintes du koto martèlent mes sens. La jeune maiko-san est agenouillée tout près, portant de ses deux mains le chawan aux magnifiques textures de raku. Elle appuie ses coudes sur ses genoux, fait une longue révérence et elle s'immobilise jusqu'à ce que ma kan-geiko perçoive sa présence à ses côtés. Ma kan-geiko se relève et accepte le chawan des mains de la jeune maiko. Elle soulève le chawan de ses deux mains, le retourne vers moi pour me montrer le dessin floral qui en garnit la paroi principale, elle fait une longue révérence. Elle soulève lentement le chawan en le fixant des yeux et elle ingurgite le chaud liquide d'une seule rasade.
Elle est là, immobile devant moi, ses yeux fixent mon pénis au bord de l'éclatement, la bouche encore pleine du chaud liquide, elle se penche sur moi et elle engouffre doucement mon pénis entre ses lèvres hermétiquement closes.


Je sens ses lèvres glisser le long de mon sexe, en exerçant une forte pression, ses lèvres écartent au passage mon prépus; elle appuie plus fortement sur sa mâchoire égratignant mes chairs fragiles de ses dents aiguisées, mon sexe se gonfle de sang, il est au bord de l'éclatement, il plonge dans le brûlant usucha , pénètre plus profondément, pour atteindre l'étroit couloir du shokudo et s'y maintenir un instant; puis elle resserre et desserre l'étreinte, jusqu'à l'expulsion de mon visqueux sperme dans le liquide encore tout chaud, qui gonfle la gorge de ma kan-geiko, chaud élixir qu'elle ingurgite avec passion.
C'est ainsi que j'ai atteint le wao-kei-sei-jaku, la suprême harmonie, je me suis endormi, j'étais satisfait.
J'ai du rêver. Les sons de la ville me tirent de mon sommeil: des klaxons, des crissements de pneus, le bourdonnement de la ville au loin, des cris d'enfants, des feulements sinistres d'animaux, des sons domestiques, des bruits de chaudrons, des tintements de clochettes, des éclats de voix, des rires saccadés de femmes hystériques, des froissements de papier, le gong mystérieux d'un temple shintoïste, j'ai du rêver, je me réveille enfin.
Le décors est le même. Je n'ai pas changé de lieu: des parois translucides d'où perce déjà la lumière du jour, des nattes en tatami, un inconfortable takamakura, un oreiller de bois laqué, qui m'a laissé au cou un douloureux torticolis. Je ne suis pas seul; je me souviens de l'intense plaisir de mes sens, cette incomparable nuit d'amour, le voluptueux contact de cette femme charnelle, énigmatique déesse aux baisers sulfureux, intriguante bête aux doigts tentaculaires, un corps élastique d'une étonnante lascivité, femme tentatrice allongée nue sur le foko-no-wa et qui m'accompagne dans mon réveil, là tout près, le mannequin inanimé, le squelette dépouillé de ses chairs, le corps décomposé de la geisha, d'avoir ainsi traversé le temps.


Et que languissamment je me tournai vers elle
Pour lui rendre un baiser d'amour, je ne vis plus
Qu'une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus!
Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante,
Et quand je les rouvris à la clarté vivante,
A mes côtés, au lieu du mannequin puissant
Qui semblait avoir fait provision de sang
Tremblaient confusément des débris de squelette,
Qui d'eux-mêmes rendaient le cri d'une girouette
Ou d'une enseigne, au bout d'une tringle de fer,
Que balance le vent pendant les nuits d'hiver.
(Baudelaire)
Je traverse éperdu la paroi de papier de riz, je m'engouffre dans la vaste salle de réception, affolé; les invités et les geishas sont toujours là, indifférents à mon désarroi. Des hommes élégants portant l'attaché-case de l'homme d'affaires japonais ou du japonais affairé, s'apprêtent à quitter l'établissement sous l'attention soutenue des geishas.
Je suis comme projeté hors de la maison. Mes sens perçoivent le bruit, maintenant évident, de la ville qui se réveille de sa torpeur nocturne. Les objets me sont familiers, les sons, les gens qui courent dans tous les sens à travers le vaste espace de stationnement, les cars bondés de touristes face au seki, le portail qui donne accès au château. La maison est là, derrière moi, silencieuse et hors du temps.
Je réintègre à pas pressés mon auto-campeur immobile au fond du parking, le palanquin à mystérieusement disparu, les êtres, les sons, les plaintes, les ombres d'un autre temps, remplacés par les murmures familiers de la ville, les inévitables petits monstres, ces garçons aux vêtements stéréotypés, la petite casquette sans rebord, le sac à dos des écoliers et les joshi kousei aux cuisses appétissantes, vêtues d'outrageants fujinfuku au large col dessiné de motifs marins, de longues chaussettes blanches aux laines épaisses lâchement enroulées aux chevilles, fillettes rieuses, espiègles, aventurières. Je démarre sous les quolibets et les rires sans pudeur de ces écoliers et écolières intrigués par la soudaineté de l'apparition de ce gaïjin éperdu, comme d'un voyageur égaré hors du temps.


(En hommage à Hiroshige, Hokusai, Utamaro, aux geishas et au Japon)
le 2009-04-15 15:31:17 | Permalien | Ajouter un commentaire | Contes asiatiques
Le présent de la jeune combattante Moudjahid
Acte I d'un conte érotique ayant pour scène l'Afghanistan
Marco Polo ou le voyage imaginaire (Contes et légendes, septembre 1996) © 1999 Jean-Pierre Lapointe

Nous avions quitté Gazni depuis plus d'une heure, la route menant à Kaboul était enneigée et un bus avait fait une embardée devant notre camion campeur. Il s'était retourné dans le fossé, ses occupants hébétés l'entouraient sans savoir trop quoi faire. Nous nous étions arrêtés, comme la plupart des autres véhicules, à l'idée de briser la monotonie du trajet. Nous étions de peu d'utilité mais avions participé aux efforts pour stabiliser le bus, et nous reprenions la route de Kaboul. La nuit approchait et nous savions qu'il était alors imprudent de rouler. Cet arrêt avait quelque peu perturbé notre programme.

La nuit s'installa, plus vite que prévu. La prudence nous empêchait d'aller plus vite et nous devions continuer jusqu'à Kaboul sur cette route périlleuse et parsemée de barrages de police sans aucune signalisation, de véritables traquenards. Et ce fut la panne. Cette panne qui nous hantait et qui survenait comme toujours, dans les plus mauvais moments. Nous étions immobilisés, attendant du secours qui ne viendrait peut-être pas avant le matin, devant se protéger du froid, des brigants et de nos angoisses.

Après quelques heures d'attente, emmitouflés dans nos afghans achetés au bazar de Gazny, nous étions résignés à passer la nuit, garés sur l'emprise de la route, un véhicule s'immobilisa derrière nous. Nous souhaitions qu'il s'agisse de visiteurs amicaux ce dont nous n'étions pas surs. Nous étions quatre, moi et ma compagne et deux passagers anglais que nous avions eu la présence d'esprit de recueillir entre la frontière pakistanaise et le ville de Kandahar, de sorte que nous nous sentions moins seuls.

Quelques hommes s'approchèrent. Ils étaient armés, de longs fusils artisanaux suspendus à leurs épaules. Un inquiétant gilet de cuir bardé de munitions et de babioles retenaient tant bien que mal, leurs longues chemises de coton blanc qui pendaient sur des pyjamas bouffants. Ils étaient coiffés d'un turban enroulé autour de la tête en des formes distinctives pour chacun des hommes. Aucun signe apparent ne permettait de nous les faire percevoir comme des représentants officiels. J'ai eu peur. Les autres n'avaient pas encore réalisé leur présence.
Je n'ai ouvert ma vitre que légèrement et seulement pour obtempérer à des menaces apparentes de la part de celui qui semblait être le chef du groupe. Il nous demanda de descendre.

Les hommes fouillèrent le véhicule et y enlevèrent tout ce qu'il était possible de prendre. Nous allions protester, mais avec peu de fermeté, réalisant que nous pouvions être libres en y perdant quelques conserves, des vêtements, des appareils photographiques et autres biens plus ou moins précieux.
Dans ma tête, toutes les légendes sur l'Afghanistan, que nous avions recueillies ici et là, revenaient me hanter, obsessionnelles! On disait que la nuit, le territoire était sous le contrôle des moudjahiddins. Près de Kandahar, à proximité de l'aéroport international, où nous avions trouvé un site apparemment sécuritaire pour passer la nuit, un citoyen bien intentionné nous avait fortement conseillé d'aller nous installer dans la ville, où, disait-il, nous serions à l'abri des brigants. La nuit, le territoire Afghan n'est plus sous le contrôle des autorités légitimes. Mais l'était-il également le jour, nous avions pour la première fois de cette expédition autour du monde, l'impression d'être au bout du monde.

J'avais devant moi, quatre montagnards bien armés, à l'air belliqueux, fiers et bien déterminés, qui pouvaient être des moudjahiddins bien que je n'en connaissais pas les signes distinctifs. J'avais une certaine crainte, mais en même temps, ils me paraissaient plus rassurants que les fonctionnaires et soldats qui gardaient la frontière de ce même pays et qui, pour récupérer nos papiers officiels, nous avaient rançonnés sans vergogne.

On nous fit monter derrière le camion boiteux qui leur servait de transport. Sous une surveillance étroite, nous reprenions la route après qu'ils nous eurent bandé les yeux. Le véhicule sembla ralentir après plusieurs kilomètres sur la route droite et bien pavée, qui menait à Kaboul, cadeau empoisonné des Soviétiques à leurs voisins afghans.
Il sembla virer sur sa gauche et emprunter une route cahoteuse que nous avons suivie pendant au moins deux bonnes heures. Le parcours semblait difficile. Nous traversions des dénivellations rocailleuses qui faisaient vibrer le moteur. Quelques fois, nous pensions renverser et, aveugles, nous avions peine à garder notre équilibre, nous ne pouvions prévoir les tangages du camion de sorte que nous restions couchés au fond de la boite.
Puis le véhicule s'immobilisa et l'on nous fit descendre. Avec une profusion d'ordres inintelligibles, d'éclats de voix, de bruits insolites, on nous conduisit et fit entrer dans ce qui semblait être un bâtiment. On nous attacha les pieds et les mains et l'on enleva nos bandeaux.

La pièce était grande et munie de peu d'ouvertures d'où filtrait la faible lumière de la lune. Les murs étaient un assemblage de briques, de troncs d'arbres et de terre séchée, les toits de tôle étaient supportés par des pieux faits d'arbres non équarris.

Nous étions attachés à des piliers au centre de la pièce à faible distance l'un de l'autre. Les soldats sortirent dans un brouhaha de voix et de rires nous laissant derrière eux avec un gardien armé qui restait là, assis devant nous, fumant et se préparant à passer le reste de la nuit.
Nous étions anxieux et cette anxiété nous faisait converser entre nous de ce qui pouvait nous attendre. Chacun y allait de ses prévisions plus ou moins rassurantes. À un moment, j'interrogeai le gardien pour essayer d'entretenir une conversation qui aurait pu nous donner une piste d'espoir sur ce qui nous attendait. Peine perdue. Il ne comprenait aucune des langues que nous parlions ou dont nous connaissions quelques mots. Il resta muet et ses gestes étaient sans équivoque sur son intention de somnoler tranquillement.
Nous étions là depuis une heure déjà, des soldats entrèrent et repartirent avec l'un des anglais. Notre gardien fut remplacé par un autre gardien plus jeune et au visage moins hostile. Je m'inquiétais pour l'anglais et la raison de sa mise à l'écart du groupe. Le nouveau gardien était jeune, très jeune et beau, il me sembla qu'il était possible de s'en faire un ami. L'on croit ainsi faire l'objet de plus de compassion parce que le bourreau est beau, qu'il parle un peu votre langue ou qu'il est une femme, où n'est-ce qu'une trompeuse illusion?

On entendit soudainement un crépitement d'armes à feu. Le gardien bougea à peine. J'en ai déduis qu'il ne s'agissait pas d'une attaque venue d'ailleurs, et le bruit d'un objet massif tombant sur le sol me fit soudainement réaliser ce qui venait de se passer. La panique nous gagna.
Plus tard, ce fut au tour du second anglais qu'on emmena de la même façon que son compagnon.

Nous comprenions que nous allions y passer l'un après l'autre. Pour quelle raison, il nous était impossible de le savoir? Assassinés dans ce pays qui était un royaume, dont nous ne connaissions que peu les us et coutumes, nous réalisions subitement la justesse de nos préjugés et des fabulations dont on nous avait nourries. Ces terres qu'avaient foulées Alexandre Le grand, Marco Polo, étaient donc encore sous le règne de la barbarie dans cette moitié avancée du vingtième siècle.
J'essayais avec des gestes, des regards, des paroles, d'attirer l'attention de notre jeune gardien, une explication, un regard d'apaisement, un signe. Rien. Je recevais en retour, des onomatopées peu convaincantes, un visage qui se durcissait légèrement, une certaine impatience. Je persistais, je n'avais pas le choix, sentant que cette indifférence pouvait être factice.

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le 2009-04-15 15:22:28 | Permalien | Ajouter un commentaire | Contes asiatiques
Les métamorphoses de la geisha.
Un conte érotique se déroulant dans le Japon féodal
"La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu'un serpent sur la braise,
Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc:
-" Moi, j'ai la lèvre humide, et je sais la science
De perdre au fond d'un lit l'antique conscience.
Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,
Et fais rire les vieux du rire des enfants.
Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,
La lune, le soleil, le ciel et les étoiles!
Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés,
Lorsque j'étouffe un homme en mes bras redoutés,
Ou lorsque j'abandonne aux morsures mon buste,
Timide et libertine, et fragile et robuste,
Que sur ces matelas qui se pâment d'émoi,
Les anges impuissants se damneraient pour moi!"
Baudelaire
Marco Polo ou le voyage imaginaire (Contes et légendes asiatiques, décembre 1998) © 1998 Jean-Pierre Lapointe
(En hommage à Hiroshige, Hokusai, Utamaro, aux geishas et au Japon)
le 2007-12-22 12:23:45 | Permalien | Ajouter un commentaire | Contes asiatiques
Les yeux de SuYen
Acte I d'un conte érotique mettant en scène Hong Kong
"........la mort des uns a plus de poids
que le mont Taichan, celle des autres
en a moins qu'une plume..................."
Sema Tsien.
Marco Polo ou le voyage imaginaire (Contes et légendes asiatiques, mars 1997) © 1997 Jean-Pierre Lapointe
Photos de l'auteur prises en 1968 et 1996.
le 2007-09-23 08:22:53 | Permalien | Ajouter un commentaire | Contes asiatiques
Le sacrifice de ZahrA la belle aryenne
Acte I d'un conte érotique ayant pour scène l'Iran des Ayatollahs
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Marco Polo ou le voyage imaginaire (Contes et légendes, noël 1998) © 1999 Marco Polo
AVIS IMPORTANT: (l'auteur ne veut offenser personne par le sujet traité dans ce conte, son intention est strictement littéraire et bien entendu romantique.)
le 2007-09-23 08:15:58 | Permalien | Ajouter un commentaire | Contes asiatiques
La nuit d'amour de la belle princesse Rajput.
Acte I d'un conte érotique se déroulant au Rajasthan.
Marco Polo ou le voyage imaginaire (Contes et légendes, 1998) © 1998 Jean-Pierre Lapointe
Toutes ces photos, ces objets épars sur le guéridon!
Photos de femmes, de filles, de filles-fleurs et de souvenirs, des cartes postales jaunies, des timbres effilochés, de menus objets brillants, des messages aux calligraphies mystérieuses, un écrin de khôl, un sachet fermé au soupçon de kif, des chiffons de safran, un doux parfum d'Asie. Photos plus précises, des compagnons d'aventure, deux caravanes immobiles dans les cols enneigés du Kashmir. Une photo discrète, belle adolescente sikh au regard pervers, douce et éphémère aventure, des écolières Parsis à Bombay, petites fleurs rieuses qui ouvrent un pétale sur l'aventure.
Des souvenirs qui égratignent ma mémoire.
Une photo jaunie, murailles de pierres roses, palais déserts des maharajas, le Hawa Mahal aux fenêtres en lattis laissant percevoir des fragments de femmes sécluses et rieuses. Dans les mascarades urbaines, un passé gaspillé à Jaipur.
Des souvenirs qui hantent ma mémoire.
Une image plus précise, les mystérieux dédales de l'amour, une jeune et jolie mariée Rajput libérée de son purdah, ma mémoire apaisée, pour un instant apaisée.
Jaipur cette nuit-là.
Jaipur, immense bazar aux attelages hétéroclites, foule bigarrée, nerveuse, bus tatoués et véhicules impatients, indescriptible kaléidoscope dans le crépuscule naissant. Bruits de fanfares soudain, bruits de fêtes au loin, déplacements nerveux de foules anarchiques, tintamarres et tam-tams qui se rapprochent. Bruits de fêtes déjà plus près, décors d'anciens palais aux murailles d'ocre et de jade.
Jaipur ce soir-là, le mystère qui naît.
Une foule soudainement se brise, fanfares aux cuivres étincelants, femmes clinquantes, hommes enturbannés, tintamarre carnavalesque, Mercedes arrogantes, étincelantes fillettes à breloques, chameaux hautains, un éléphant artistiquement peinturluré perce la foule, comme un navire en perdition: un éléphant à baldaquin, chevauché par un prince sorti d'un autre temps, vêtu d'un achkan aux brocards précieux, pour l'enlèvement de sa belle et jeune promise, images légendaires qui aspergent ma mémoire.
Jaipur dans mes rêves, toujours.
Ce soir-là, à Jaipur, voyageur transplanté dans une autre dimension, étranger anachronique, ébahi par cette scène d'un autre temps, facilement repéré dans la foule des badauds, je suis l'invité personnel du prince pour assister aux cérémonies de son mariage avec la jeune et jolie princesse Rajput.
Trame sonore empruntée aux archives du Web: Shanghai de Jean-Michel Jarre
le 2007-09-22 12:43:15 | Permalien | Ajouter un commentaire | Contes asiatiques
Contes et légendes
asiatiques
Ces pages contiennent des contes et des légendes érotiques relatant des faits imaginaires se passant dans des lieux réels explorés par l'auteur au cours de ses voyages dans les pays asiatiques. Contenu à caractère érotique à lire sous les conseils d'un adulte à l'esprit ouvert.
Ce sont des récits d'aventures sexuelles, illustrés d'images sensuelles et de musiques sensorielles.
Les femmes, les filles et les autres personnages asiatiques ainsi que les aventures, les actions et les lieux sont imaginaires et ne correspondent pas nécessairement aux us et coutumes des pays décrits.
le présent de la Moudjahid
Récit d'un voyage d'aventure en Afghanistan accompagné de troublantes fabulations érotiques.
les yeux mystérieux de SuYen
Récit d'un voyage initiatique en 3 actes, dans le mystérieux Orient de la belle et énigmatique Su Yen.
La nuit d'amour de la belle princesse Rajput
Récit d'une nuit d'amour insolite avec la princesse Rajput derrière les secrètes parois de marbre blanc du palais Jag Mandir.
Le sacrifice de ZahrA la belle aryenne
Récit d'une rencontre sulfureuse avec ZahrA la provoquante et belle aryenne au pays des Ayatollahs.
Les métamorphoses de la Geisha
Les métamorphoses amoureuses de la geisha dans le Japon féodal.
(escales futures)
l'Apsara chimérique d'Ankor Wat / l'extase tantrique à Khajuraho
la femme fantôme des Hymalayas / la prostituée du Dieu Vishnou ![]()
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le 2007-08-11 08:41:30 | Permalien | Ajouter un commentaire | Contes asiatiques